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HISTOIRE ET RESTAURATION D'UNE TANNERIE D'ANIANE
A Aniane, on a compté jusqu'à 65 établissements
spécialisés dans le travail du cuir (tannerie, corroieries,
moulins à tan, étendages) dans le courant du 19ème
siècle)
Le temps et les hommes ont effacé la plupart d'entre eux, ou au
mieux n'ont laissé que de discrètes ruines.
Cependant, la mémoire collective des anciens anianais a conservé
leur souvenir et les situe, sans trop de précisions, dans les tènements
du faubourg de Régagnas et au Théron.


UNE ACTIVITE ANCIENNE
Partant du principê qu'une fabrique qui s'arrête de fonctionner
est vouée à la ruine prochaine, on ne s'étonnera
pas, connaissant la rapide décroissance de l'industrie des Cuirs
et Peaux (commencée en 1880 et achevée en 1920/22), de constater
leur décrépitude aussi soudaine. Un siècle a suffit
à les réduire à l'état actuel. Mais, quelle
oeuvre humaine peut résister à l'outrage du temps, privée
de soins constants et attentifs !
Dans la première moitié du 19ème siècle,
à la belle époque des tanneries, les constructions nouvelles
font florès. En 1831, le cadastre en signale deux ; de 1843 à
1860, huit établissements voient le jour. Cette expension, justifiée
par la croissance du métier, s'arrête brusquement en 1872.
A contrario, pendant ce laps de temps, on constate des démolitions
partielles ou totales, des abandons (de la rue porte de Saint-Guilhem
vers le Camp de Sauve), des ventes faites à l'Etat ( la colonie
Pénitenciaire), des affectations nouvelles (bâtiments ruraux,
fabrique de crème de tartre, de chandelles ou de savon). La plus
récente et la plus spectaculaire des disparitions concerne le quasi-effacement
de la tannerie des "fils de Stanislas Vernière" rayée
de la carte à l'exception de deux bâtiments devenus Salle
des Fêtes sur un emplacement transformé en parking, espaces
verts, lotissements et Services publics (caserne des pompiers, bureau
de poste, perception)
Nous savons qu'une minorité d'établissements, transformés
en maison d'habitation, conservent en sous-sol des matériaux, cuves
et fosses, ayant servi au travail des tanneries ( rue des Arnauds, rue
Porte de Saint-Guilhem) ; mais les propriétaires actuels, jugeant
leurs accès trop dangereux, ne nous ont pas autorisés à
prendre des photos témoins, du moins jusqu'ici.
Heureusement, une des plus vieilles tanneries, sinon la plus ancienne,
a été acquise par Mr et Mme Villa. Le limon apporté
par les eaux du ruisseau de Corbières a protégé son
installation intérieure. Mr Villa a pris l'initiative de la débarasser
et de lui redonner son aspect primitif.


A suivre....
Article de Pierre David paru dans "La voix Domitienne"
n°35
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