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LOUIS MARRES
Louis Marres est né à Montpellier le 8 novembre 1926. Sa
mère était native d’Aniane : famille Serre. Il a passé
une partie de son enfance à Bordeaux où son père
enseignait la géographie à l’université. Puis,
avec ses sœurs Paule, Françoise et Jeannette, il a suivi ses
parents lors de leur retour à Montpellier : sa mère avait
été nommée institutrice et son père professeur
à la Faculté de Lettres.
Très tôt, selon sa sœur Paule, Louis manifesta le désir
d’être utile aux autres. C’était un garçon
très serviable. Son altruisme le poussa extrêmement jeune
à s’engager dans la Résistance politique au nazisme.
Il adhéra aux Jeunesses Communistes ; il était alors lycéen
au lycée Joffre.
Dans le cadre de ses activités militantes il distribuait clandestinement
des tracts en ville et participait activement à beaucoup d’autres
actions de Résistance. A tel point que, repéré par
la police, il préféra quitter le domicile de ses parents
après une perquisition pour ne pas mettre toute sa famille en danger.
Il décida alors de prendre le chemin de la lutte armée en
rejoignant le maquis. Nous étions au printemps 1944, il avait 17
ans. Dans son combat contre l’Occupant, Louis avait le soutien de
ses parents. Son père était un des responsables sur l’Hérault
du « Front National de Libération et d’Indépendance
de la France » qu’il avait contribué à créer
avec deux autres enseignants, les professeurs Pupponi et Villeneuve.
Louis rejoignit le maquis « Francs Tireurs et Partisans »
de Roqueredonde, au nord-ouest de Lodève. Les maquisards lancèrent
diverses actions à partir du col des Clares.
A Aniane, avec l’aide de complicités locales, ils libérèrent
un jeune résistant communiste parisien interné illégalement
dans la Maison de Correction. Les maquisards effectuèrent aussi
un sabotage sur la ligne de chemin de fer Béziers-Neussargues au
tunnel des Cabrils, à quelques kilomètres en amont de la
gare de Joncels puis un autre sur la ligne de Graissessac à Bédarieux
où passaient les convois de charbon en partance pour l’Allemagne…
et bien d’autres actions encore.
Après ces « coups de main » le maquis se déplaça
en direction de Seyries, un hameau situé dans les Gorges de l’Orb
et s’installa à proximité de la rivière Vernazoubre
; il prit alors le nom de « Maquis de Vernazoubre ». A cet
emplacement il fut attaqué et se dispersa. Certains éléments
dont « Luc » et « Gai » se regroupèrent
près de Lodève.
Dans le courant du mois d‘août 1944, les maquisards furent
avisés qu’un fort détachement allemand se dirigeait
vers le Bousquet d’Or. Ils décidèrent de l’arrêter.
La bataille eut lieu le 18 août. Les maquisards étaient divisés
en deux groupes ; Louis Marres devenu lieutenant malgré son jeune
âge, commandait l’un des deux. Le combat eut lieu près
du Bousquet d’Orb de part et d’autre d’une passerelle
où circulaient les wagons de charbon au sortir de la mine ; il
débuta à midi et dura tout l’après-midi. L’ennemi
eut beaucoup de pertes et les maquisards « seulement » trois
tués. L’un d‘eux avait protégé de son
corps « Gai » et lui sauva probablement la vie. Après
cet assaut victorieux, le maquis regagna son camp de base.
Le 21 août « Luc (Louis) » devait se rendre à
Béziers car il venait d’être affecté à
la Direction Départementale des FTP. Il partit des environs de
Bédarieux en compagnie d’un de ses camarades de maquis surnommé
« Bernard », chacun avait enfourché sa motocyclette.
En chemin, ils furent rejoints par Andrée de Beauregard alias «
Dominique Odette » infirmière de la Croix-Rouge, agent de
liaison du maquis de Saint-Afrique ; elle aussi conduisait une motocyclette.
Leur déplacement avait été sécurisé
: un poste de garde placé au Col de Pétafy devait protéger
leur ascension sur la route particulièrement sinueuse dans le secteur
de Faugères. En fait, il venait d’y avoir un combat au Col
de Pétafy, mais Louis et ses compagnons ne le savaient pas. «
Luc (Louis) » était en tête puis venait « Bernard
» et enfin « Dominique Odette ». Le poste de garde était
vide quand les trois compagnons s’engagèrent dans la côte
et malheureusement un camion allemand arrivait sur la route en sens inverse.
Il parvint à la hauteur de Louis Marres dans un virage ; Louis
n’avait aucune échappatoire et fut abattu sur place. «
Bernard » eut juste le temps de se jeter dans le fossé et
évita les tirs allemands. Le camion continua sa course et «
Dominique Odette » fut fauchée à son tour par une
rafale de mitraillette.
Bernard légèrement blessé donna l’alerte. Les
corps de Louis et d’Andrée furent transportés à
la mairie d’Hérépian pour être identifiés
par leurs proches. Georges Doumenc se rendit à Hérépian
puis eût la douloureuse tâche de prévenir les parents
de Louis…
Le lieutenant Louis Marres est enterré au cimetière d’Aniane.
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